Une semaine dans le Val de Loire : le guide complet au fil de la Loire et du Cher à son rythme
Découvrir les châteaux de la Loire : pourquoi louer un gîte change tout
Le Val de Loire figure parmi les destinations les plus visitées de France, mais nombre de visiteurs en repartent avec une impression incomplète. Le coupable est presque toujours le même : un séjour bâti à la va-vite : quatre monuments enchaînés en deux jours, beaucoup de kilomètres et peu de temps sur place, une nuit à l'hôtel sur un axe passant, et le sentiment d'avoir survolé un territoire qui méritait mieux. Il existe une autre manière de voyager ici, beaucoup plus satisfaisante et souvent moins coûteuse : choisir un hébergement au cœur de la région, en faire en savoir davantage un véritable camp de base, et rayonner tranquillement d'un site à l'autre. C'est exactement ce que permet la location d'un gîte, et c'est ce que nous voulons expliquer ici, avec des repères concrets et des distances vérifiées. Précisons d'emblée une chose : le Val de Loire ne se découvre pas en excursion à la journée. L'aller-retour dans la journée existe, il est même très vendu, mais elles imposent des heures de car pour deux visites expédiées. Les voyageurs qui ont testé les deux approches choisissent invariablement la seconde. Trois nuits sur place valent mieux qu'une semaine de trajets, le constat est sans appel.
Choisir sa base entre Tours, Amboise et Blois
La première question à trancher est celle de la localisation, bien avant le confort ou la décoration. La bonne nouvelle, c'est que les grands châteaux se concentrent sur un axe assez ramassé entre la Loire, le Cher et l'Indre. Une base située entre Tours et Amboise place la plupart des sites majeurs à moins de quarante-cinq minutes de route. Chenonceau, Chambord, Villandry, Azay-le-Rideau, Amboise, Chaumont, Cheverny, Langeais se visitent alors sans passer sa vie en voiture. Le piège classique consiste à, choisir un logement à une extrémité du Val, impose des trajets quotidiens d'une heure et demie, qui gâchent le plaisir et fatiguent surtout les enfants. La règle pratique : choisir un hébergement rural situé entre Tours, Amboise et Chenonceaux, au calme mais bien relié. Voici quelques ordres de grandeur utiles : de Tours à Amboise, comptez environ vingt minutes, Chenonceaux est à une quinzaine de minutes d'Amboise, Villandry se rejoint en vingt minutes depuis Tours, Chambord et Cheverny à environ une heure. En clair, depuis un gîte bien situé, aucun site majeur n'est à plus d'une heure. C'est cette concentration exceptionnelle qui rend la région si agréable à parcourir.
Quels châteaux choisir
L'appréhension que l'on nous rapporte le plus souvent est que les châteaux finissent par se ressembler. Le risque est réel dès lors qu'on enchaîne sans discernement, et totalement infondée si l'on choisit des sites de nature différente. Le château de Chenonceau enjambe la rivière et se visite autant pour ses galeries que pour ses jardins, avec une histoire de femmes de pouvoir. Chambord joue une tout autre partition : architecture spectaculaire, terrasses, parc immense où l'on croise cerfs et sangliers. Villandry se visite pour ses jardins en terrasses, avec un potager décoratif unique en Europe. Complétez avec Azay-le-Rideau, plus intime, ou Chaumont et son festival des jardins, et le séjour prend immédiatement du relief. Trois à quatre châteaux sur une semaine, c'est le bon rythme : le reste s'organise naturellement. Ne négligez pas les châteaux moins connus. Langeais, Loches, Le Rivau ou Montpoupon reçoivent beaucoup moins de monde et offrent une visite autrement plus tranquille. Dans un programme de sept jours, en intercaler un entre deux monuments majeurs donne du relief au voyage et évite la lassitude. Ce sont fréquemment ces sites que les familles préfèrent.
Le Val de Loire au-delà des monuments
C'est souvent la vraie surprise du séjour : ce que l'on trouve entre les grands sites. L'itinéraire cyclable de la Loire à Vélo longe le fleuve sur des centaines de kilomètres sur un relief presque plat, donc praticable avec des enfants, avec des étapes courtes de village en village. Côté vignoble, Vouvray, Montlouis, Chinon, Bourgueil et Sancerre se découvrent directement au domaine, souvent dans des caves troglodytiques creusées dans le tuffeau. Les villages troglodytiques du Saumurois, le marché des Halles de Tours, les sainte-maure et autres chèvres locaux, la charcuterie tourangelle donnent au séjour une épaisseur que les seuls monuments ne suffisent pas à créer. Ajoutez la forêt de Chambord ou d'Amboise pour les balades, les bords de Loire au coucher du soleil, et le programme se remplit sans effort. Point pratique pour les séjours en famille : la région est particulièrement bien équipée. Zoo de Beauval à moins d'une heure, bases de loisirs et plans d'eau, descentes en canoë sur les rivières, animations médiévales et démonstrations de rapaces sur les sites complètent les visites patrimoniales. Faire suivre chaque visite d'une sortie active est la recette la plus sûre pour que petits et grands y trouvent leur compte.
Comparer les formules d'hébergement
Chaque formule a ses mérites, mais elles ne répondent pas aux mêmes besoins. L'hôtel convient à une étape d'une nuit, la chambre d'hôtes offre le contact et le petit-déjeuner, le gîte prend tout son sens dès trois nuits. Le calcul est simple : on cuisine ce qu'on achète au marché plutôt que de dîner au restaurant chaque soir, le coût par personne devient très inférieur dès qu'on voyage en famille ou entre amis, chacun a sa chambre et un vrai espace de vie commun, et le lave-linge évite de partir avec trois valises. S'ajoute un élément moins mesurable mais décisif : on cesse de vivre à l'heure de l'hôtel, on rentre quand on veut, on dîne tard, on part tôt le lendemain. Le séjour devient un séjour, plutôt que d'enchaîner les nuits d'étape. Encore faut-il choisir le bon gîte. Les labels ont ici une vraie utilité : ils supposent un contrôle sur place et des critères stricts, portant sur le confort, l'équipement, l'environnement et l'accueil. Lisez les commentaires des derniers séjours, les photos de l'extérieur autant que de l'intérieur, et vérifiez si les propriétaires vivent à proximité. Un propriétaire présent dans le village vaut tous les guides touristiques.
Quand partir en Val de Loire
Il n'y a pas de mauvaise période, tout dépend de vos priorités. D'avril à juin, constitue sans doute la meilleure fenêtre : les jardins de Villandry sont à leur apogée, la lumière est douce, la fréquentation reste raisonnable. Juillet et août apportent son et lumière, spectacles et festivals, au prix d'une affluence qu'il faut anticiper en arrivant à l'ouverture. Le mois de septembre coche presque toutes les cases : chaleur encore présente, vendanges en cours, foule en net retrait. L'automne habille la région de couleurs remarquables, et l'hiver permet de profiter d'une région rendue à ses habitants, avec des visites parfois quasiment privées. Réservez tôt pour l'été et vous aurez le choix. Un mot sur la météo, point que les voyageurs venus de loin sous-estiment : la région jouit d'un climat océanique dégradé, sans excès, sans les fortes chaleurs du Sud, avec toutefois des passages pluvieux au printemps et à l'automne. Prévoir de quoi se couvrir en soirée, y compris en plein été, évite bien des désagréments, car il fait vite frais au bord du fleuve une fois le soleil couché.
Quelques conseils pratiques
Réserver le gîte avant les visites : c'est lui qui détermine tout le programme.
Compter un château tous les deux jours et non une visite quotidienne.
Viser la première heure à Chenonceau et Chambord et profiter du calme.
Prévoir une journée sans voiture : c'est souvent le meilleur souvenir.
Repérer les marchés locaux dès la réservation.
Contrôler les horaires de basse saison de quelques châteaux et jardins.
Ce qu'il faut retenir, profiter vraiment des châteaux de la Loire ne tient pas au nombre de monuments visités, mais à la manière dont on habite la région. Un gîte bien placé, trois ou quatre châteaux vraiment différents, des journées vélo, marché et vignoble entre les visites, et l'on repart avec le sentiment d'avoir vraiment découvert un territoire. C'est également l'option la plus économique à partir de quatre personnes, et de loin la plus reposante. La région vaut nettement mieux qu'une visite au pas de course, elle mérite qu'on y pose ses valises, le temps de comprendre pourquoi les rois de France y avait installé ses résidences pendant plus d'un siècle. Une dernière recommandation : bloquez le gîte en priorité, particulièrement si vous visez juillet, août ou un pont de printemps. Les logements bien situés se réservent parfois six mois avant, et il est toujours plus simple d'organiser les visites autour du logement que de chercher un hébergement une fois le programme figé. C'est la seule variable réellement limitée : les châteaux, eux, seront toujours là.